Prendre le large

Prendre le large
dd59907b47dc139be90277631743a271 Prendre le largeC’est l’hécatombe. Jamais autour de moi je n’ai compté autant d’arrêt maladie, de congé sabbatique, voire de démission. Même mes amies qui viennent de mettre au monde leur 1er enfant décident de profiter un maximum de leur congé maternité et de repousser la date de reprise du boulot, pour faire un point.

Pourtant, le contexte actuel devrait appeler à rester bien au chaud dans son poste actuel et à de la prudence, de peur de venir gonfler les chiffres du chômage déjà en hausse incroyable.
C’est ce que ce contexte morose pousse également à bout les âmes déjà bien fatiguées par des années de dur labeur, de pression et de recherche de perfection aussi.
Prendre le large, c’est vraiment courageux et une expérience forcément enrichissante. Néanmoins, un voyage, un départ, un break ne va pas pour autant résoudre tout en quelques mois et donner la réponse, nous remettre sur le bon chemin à coup de baguette magique ou d’illumination soudaine. Car on se cherchera en permanence toute notre vie, on aura toujours besoin de consolider les bases et donc de faire de nouvelles expériences pour savoir qui on est.
J’ai tout quitté pour partir à l’étranger faire un break et j’ai adoré cette aventure. En revenant, j’étais plus que motivée de reprendre un job assez similaire à mon poste précédent mais dans un secteur différent (les cosmétiques) et avais vraiment confiance en moi, car je revenais d’un pays où tout était possible et j’étais surtout passionnée.
Sauf que personne ne m’attendait vraiment dans ce pays où je m’installais, car des personnes comme moi -avec sans doute moins d’étoiles dans les yeux et plus de frustration- il y en avait des centaines à se bousculer pour le même poste ! Le French Dream n’a pas eu lieu, et ce fut mon destin. Au fil des mois, j’ai senti que je n’avais pas encore fait la rencontre déterminante ni n’avais encore trouvé ma voie. Bref, j’ai appris la patience dans cette épreuve mais aussi à vivre avec l’inconnu.
C’est en effet important d’apprendre à vivre avec le sentiment d’insécurité, d’incertitude et à prendre un minimum de risques. Et se dire qu’on a le droit de s’être trompé, de se tromper encore et d’essayer. Reprendre les études à 35 ans, lâcher un job à responsabilité, créer sa boite…il n’est jamais trop tard pour prendre le large et voir plus loin, non?
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Par dans Récits de beauté le 8/03/2009

10 commentaires

  1. e-Zabel

    je pense que le contexte crise va finalement permettre à ceux qui hésitaient à prendre le large ou se lancer dans une entreprise plus perosnnelle à le faire… du genre, « on n’a plus rien à perdre » en fait ! ça va peut être finalement faire ressortir un peu de positif dans tout ça.

  2. Laetitia

    Idem de mon coté… toutes les copines se mettent en congés parentale, font des bilans de compétences, ou se déclarent auto-entrepreneurs. D’ailleurs j’y pense aussi bien que mon emploi ne soit pas menacé.

  3. chocoladdict

    je t’avoue que me lancer dans quelque chose de personnel, un truc à moi (quitte à en baver autant le faire pour soi), ça me travaille de plus en plus même si là où je bosse j’ai la sécurité de l’emploi et que ce genre de gestes peut passer pour quelque chose de totalement kamikaze vu de l’extérieur

  4. @e-zabel: en plus il y a plein de cas d’entreprises qui sont nées et se sont développées pendant la crise. Il faut juste trouver la faille et foncer!@laetitia: tu ne crois pas que, le simple fait d’y penser, fait que le quotidien devient moins lourd, qu’on apprend juste à prendre de la distance?@chocoladdict: c’est vrai, ça peut passer et être kamikase si ce n’est pas un minimum réfléchi. Il est important en tout cas d’être bien entouré si on se lance.

  5. cassandra

    c’est très courageux. mais je pense qu’on doit suivre ses envies avec modération certes mais quand même!

  6. @cassandra: je pense qu’il ne faut pas y aller à moitié; soit on est convaincue et on fonce, soit on reste dans sa situation en attendant de les avoir clarifié.

  7. annouchka

    C’est marrant ce que tu dis, hier je feuilletais Marie-Claire chez le coiffeur et un article abordait un peu ce sujet. ça disait qu’on ne réagissait pas tous pareils face à la crise, mais que finalement c’était peut-être le bon moment pour changer de vie et se lancer.Il nous reste encore 50 ans à vivre, c’est long ! C’est pour ça que c’est important de bouger, tester de nouvelles choses, se lancer.En tout cas je salue ton courage et ta joie de vivre car malgré toutes tes déceptions tu as su faire face et ne pas te laisser décourager, c’est un très bel exemple de tenacité !

  8. Anne Corrons

    Je me sens tout à fait concernée par cette dernière phrase. Ah, c’est bien vrai ça!!!!!!

  9. blogbeaute12

    Oui, l’ambiance est réellement morose et donne envie de fuir…Je n’ai jamais ressenti le besoin de tout quitter (car peut être n’avais-je rien à quitter :) partir loin. J’ai toujours pensé en poussant la porte cochère de mon immeuble que ce jour, je vais faire une rencontre formidable ou découvrir quelque chose d’extra ordinaire, ou passer un instant de bonheur et même si j’ai eu de très graves moments, dans chacun des moments vécus (terribles ou non) j’ai pu rencontrer des personnes avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger, de partager et d’apprendre. La rencontre avec cet Autre, est tel le galet façonné par l’océan, et c’est ainsi que l’on devient riche…et cette richesse là offre sa force, et demeure jusqu’à notre mort. EN plus, elle ne dépend pas du CAC. C’est aussi elle qui nous apporte les perles de bonheur qui en s’ajoutant un à un…nous dessine un merveilleux collier de joaillier. Et puis, il faut savoir que tout est éphémère sur cette Terre (sauf certaines bactéries….) Insécurité, incertitude : ce sont des sentiments vécus d’une façon tellement différente d’une personne à l’autre….tout comme les risques…Alors, ouvrez votre porte cochère et voyez large. Ensuite à vous de faire comme vous le sentez, prendre le large, voir plus loin et où ?

  10. @annouchka: c’est vrai que ce thème est à l’honneur dans les magazines…mon mec a oublié de me descendre mon Marie-Claire ce week-end, du coup j’ai pas encore lu l’article en question. Cette épreuve m’a rendue plus forte et au final m’a mise en confiance, car on n’a rarement le temps de se poser et de réaliser tout ce que l’on a entrepris. En prenant conscience du chemin parcouru, on est plus zen pour retrouver une activité. Ne jamais se dévaloriser!@anne: bon courage dans ta recherche et ton installation!@blogbeauté12: quel joli commentaire, plein de poésie et de bon sens! tu as raison, une des clés du bonheur et de la réussite est bien notre aptitude à nous ouvrir aux autres et à les laisser rentrer dans notre univers. Il n’est jamais nécessaire de partir loin, même si on pense qu’en planquant nous, en s’éloignant, on forcera davantage le destin.

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