Fraternité entre Français à l'étranger

Fraternité entre Français à l'étranger
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Prenez deux couples d’Américains. Installez-les l’un à côté de l’autre dans un bon restaurant parisien. Quelques secondes auront suffi pour qu’ils se présentent, parlent de leur endroit d’origine et de ce qu’ils sont venus faire à l’étranger.
Prenez des Allemands, des Suisses, des Espagnols, vous assisterez à une situation similaire.
Les Français sont bien étranges à l’étranger.
D’un côté, ils feront tout pour garder une distance par rapport à ce que la France évoque pour eux. Fiers, oui ils le sont de leur pays (et c’est une bonne chose!). De montrer qu’ils se sont bien intégrés, encore plus.
Attendez, ils vivent quand même à New York City, quoi! Ils parlent fluent l’English, ont une vie plutôt cool et très speed, voyagent business sur Air France et ont trop de succès auprès des Américaines. Je ne fais que citer les paroles d’un trentenaire s’étant tenu hier pendant plus d’une heure à 1m de ma table sans bonjour, ni au-revoir.
Les accoster parce qu’ils sont, comme vous et moi, français, mais quel manque de distinction! Non, le Français va vous parler en anglais, bien évidemment pour montrer combien il maîtrise la langue et ne veut pas être dérangé.
Son jeu favori quand il s’ennuie d’un dîner de cons? Vous posez la question qui n’en est pas une: « Oh, are you French??? » Son intérêt pour vous s’arrêtera souvent là, content d’avoir pu vous faire remarquer votre accent prononcé.
De l’autre, on les verra tous en masse fréquenter les French Tuesdays, ces soirées où l’on croise les français qui réussissent à New York, Miami ou encore Los Angeles mais aussi des Américains. On les retrouve également dans tous les restos branchés français en groupe d’amis. Réseau français il y a, mais plutôt fermé, cela va de soi.
Les Français à l’étranger ne sont vraiment pas très ouverts aux autres et « friendly » en général. Je ne vais donc pas contredire tous les étrangers qui n’ont cessé de me le répéter au cours de mes voyages.
Sans doute parce qu’ils voyagent beaucoup et représentent de grosses communautés à New York, Londres ou encore Genève. Pour beaucoup, à peine arrivés, ils ont déjà leur cercle d’amis, qui ont fait la même école, bossé dans la même boîte ou leur ont été recommandés par d’autres amis. Ils ne sont donc pas à la recherche de nouveaux contacts hors de ce « small world » et ne soucient guère de savoir d’où les compatriotes, qu’ils croisent dans un bar, un musée ou un resto, peuvent bien être originaires, s’ils s’acclimatent bien etc. Bref, toutes ces petites questions et attentions qui font du bien quand on a décidé de s’installer à l’étranger.
On oublie donc la spontanéité et on va lui préférer soit les associations ou groupements, comme l’Alliance Française, soit les soirées privées avec le risque de tomber sur des personnes encore plus snobs. Dire qu’il n’y a pas de fraternité serait donc ignorer toutes ces initiatives et organisations très efficaces et bien rodées à coup de financement publicitaire de grandes entreprises françaises.
Après avoir vécu dans 3 grandes villes que sont Londres, Genève et New York, j’ai tout de même construit de belles amitiées mais force est de constater qu’elles furent plus nombreuses avec des étrangers ou locaux qu’avec des Français.
Et vous, que pensez vous de la fraternité entre Français à l’étranger?
Exemplaire? Peut mieux faire?
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Par dans Beauté d'ailleurs le 12/12/2007

11 commentaires

  1. sofsof

    Malheureusement n’étant ni française, ni même partie vivre à l’étranger, je n’ai pas d’avis sur le sujet! Mais c’est très intéressant d’avoir lu ton article!p.s. j’ai réussi à me procurer le guide du shopping éthique chez mon médecin (il était collé dans le mag Edelweiss alors j’ai pris, chuutt…) si ça te dis toujours! Redis-moi!

  2. KRiSS

    C’est dur à admettre mais.. tu dépeints « le français » de manière bien juste!Les français en vacances qui fuient leurs compatriotes parce qu’ils n’ont vraiment pas envie d’entendre parler le français parce qu’ils ne sont pas là pour ça j’en ai vu ..et j’ai moi même agit comme cela des fois je l’avoue!Des expatriés français qui fuient leurs compatriotes parce que là encore ils ne sont pas là pour en rencontrer des français, j’en ai croisé beaucoup ..et j’ai eu cette pensée à mon arrivée à Montréal.Mais moi par contre, après 2 bonnes années à Montréal, je dois bien admettre que la majorité de mes belles rencontres sont celles avec des français!Tout simplement parce que la culture québécoise est vraiment très éloignée de la notre et que le fait qu’ils soient francophones est d’autant plus déstabilisant. D’où le besoin d’échanger encore plus avec ses compatriotes sur son ressenti et ses expériences perso finalement.Maintenant c’est sûr que je ne vais pas non plus vers chaque français que je croise au resto ou dans la rue..

  3. Chris.Azur

    ayant souvent vécu à l’étranger, j’avoue avoir réagi comme ça…bah on ne se refait pas, en faite ça dépend des gens, si on a envie de sympathiser ou pas…

  4. Angie

    Je te rassure, ce français-là, tu le retrouves un peu partout, en Suisse, comme au Burkina Faso, bien que la langue soit francophone…Ici,ils sont entre eux et tu ne les vois qu’aux soirées de l’UFE (Union des Français à l’étranger)…

  5. Flo

    I agree!! Tu as tellement raison et je ne regrette qu’une chose c’est qu’on ne se soit jamais rencontre…A bientotFlo

  6. @so: merci pour le guide. Je t’ai laissé un petit mot sur ton blog à ce sujet.@khriss: merci de ta visite et de ton commentaire. Je comprends tout à fait ce besoin d’échanger avec des français, surtout quand c’est bien plus que la langue qui rapproche. Même si je suis suissesse, je n’ai jamais vécu vraiment dans ce pays avant de m’y installer pour bosser. Au départ, je ne fréquentais que les expats mais ça va, ça vient et je trouvais les relations trop courtes et superficielles. Quand j’ai fini, avec le temps, par lier amitié avec des Suisses, quel bonheur. Et je me réjouis tellement de les revoir dans 2 jours! Ils me manquent!@chris azur: c’est pas évident d’engager la discussion car même si le Français est curieux et beau parleur à l’origine, il a aussi sa fierté qui l’empêchera de faire le 1er pas. Je suis assez culottée donc n’hésite pas à aller vers les gens. Mais quel tristesse quand certaines personnes restent tout de même fermées et distantes!@angie: tu sais, avant d’écrire cette note, j’ai eu peur qu’on me dise que je généralise ou critique trop. Non, c’est vraiment une constatation après plusieurs années passées à l’étranger et c’est aussi un regret, car j’aime la France et aimerais bien donner une meilleure image de ce pays (mais pas jusqu’à faire de la politique!). Donc ton message me rassure en confirmant mes propos.@Flo: merci de ton message, c’est chou. Je t’ai envoyé un petit mail. Biz

  7. Angie

    Il faut avouer que les français ont mauvaise presse de par le monde… Donc, ton article n’est que le reflet ce que beaucoup de gens pensent.

  8. Sublime

    Il y a mieux maintenant ! nous avons assisté à nice cote d’azur France à un séminaire avec un seul intervenant américain et que des français et devinez quoi ? ils ne parlaient que anglais entre français MDR plus besoin d’aller au bout du monde pour constater le snobisme de mes compatriotes

  9. @ sublime: merci de ta visite. Se plier à l’anglais pour aider le pauvre américain qui, en général, ne parle pas d’autre langue que la sienne, c’est être une manière sympathique et diplomatique de faire en sorte de la personne se sente bien dans la conversation. Quand j’étais en Suisse et que des gens se mettaient à parler suisse-allemand, j’appréciais grandement qu’on switche en français sinon je me sentais vraiment mal et exclue! Alors, dans ce cas, ce n’est pas du snobisme mais au contraire une ouverture. Qu’y avait-il de particulièrement snob dans la situation que tu as rencontrée?

  10. Sublime

    c’est que lorsque l’intervenant américain est parti au moment de la pause nos snobinards continuaient à ce causer en anglais… genre on maitrise ..; devant un interlocuteur étranger il est de bon ton et poli de faire l’effort de parler sa langue mais une fois que ce dernier est parti c’est bon tombe la veste et redeviens français ;-) …Mais non ils étaient là imbu de leur savoir linguistique et leur café à la main à faire comme si la Méditerranée était l’Atlantique :-) j’ai vécu à l’étranger et j’ai fait l’effort d’apprendre la langue et lors de voyages au moins les rudiments…mais je ne pousserais pas le snobisme à parler dans mon pays une autre langue juste pour faire style…avec mes compatriotes

  11. Anonymous

    c’est tout à fait ça;) le français veut montrer qu’il est ouvert mais finalement pas tant que ça!

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